Contactée par Nexity, il s’agit de réfléchir à un projet de bas-relief pour un immeuble en construction, à concevoir en fonction des plans du cabinet d’architecture REICHEN et ROBERT.^

L’architecture confère à l’abord de l’immeuble un aspect très « cathédrale », avec 10 m de hauteur sous plafond et un vaste hall d’accueil. Pénétrant dans le hall, les personnes doivent d’abord en traverser une vaste partie avant d’accéder au pôle d’accueil proprement dit.

Je pense habiller les murs pour tempérer l’austérité du lieu, en alléger l’ambiance, et tirer profit de la circulation des personnes pour jouer avec leur image. Cette exploitation du mouvement me semble d’autant plus légitime que ce bâtiment est destiné à abriter le siège d’Alstom Transports, associé au monde du voyage, au TGV… Je me propose, à mon tour, d’en emmener les usagers dans d’autres paysages.

Le projet initial de bas-relief est écarté au bénéfice d’une installation plus aérienne, issue d’une inspiration graphique liée à la montagne, et travaillée en vide lové au sein d’un plein. Un échange permanent et équitable a lieu entre la mystérieuse immatérialité du vide et ses contours sensibles : elle leur accorde présence et reçoit simultanément de semblables pouvoirs perceptifs.

La montagne est ainsi suggérée en creux dans un parallélépipède rectangle, invisible d’un certain point de vue, qui se révèle au cours du déplacement, découvrant son volume (0,17 m de largeur x 1 m de profondeur x 5,20 m de haut), et se dédoublant grâce aux tôles inox polies, miroir du mur. L’effet et les détails de la réflexion du verre offrent au regard un voyage à perte de vue, au gré des lignes produites en volutes infinies, jouant de ce qui est réfléchi, de ce qui réfléchit ; de ce qui est plein, de ce qui est creux.

Le nom de Persona — en hommage au film d’Ingmar Bergman — renvoie à un ailleurs insulaire, une fraction de terre sortant de l’eau, tel un iceberg dont on devine la part immergée, rendue partiellement visible par le reflet aquatique.

L’entreprise GOUDE GLASS relève le défi d’assembler les 17 couches de verre par le procédé du verre feuilleté sur des volumes aux formes irrégulières et complexes. L’ensemble des 2 blocs est fixé perpendiculairement au mur par des verrins de serrage cachés derrière les miroirs.

17 plaques de verre clair évidées et feuilletées de 8 mm d’épaisseur sont fixées perpendiculairement sur un mur de 10 mètres de haut par 5 mètres de large, habillé de tôles inox poli miroir. 0,17 x 1,00 x 5,20 m, 1400 kg.

 

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